Josée Lepage m’a accueillie dans son studio Bondtoo au 2 Bond street à New York pour m’accorder un entretien. Originaire de Montréal, aujourd’hui elle se sent chez elle à New York. Quand elle a débuté dans le design il y a 17 ans, elle était spécialisée dans l’aménagement, la vente d’ameublement et de décoration d’intérieur. Elle a ensuite commencé à créer des objets design et imaginé des installations dans des magasins et galeries. Aujourd’hui, elle est principalement conservatrice et directrice artistique.
Base : Comment as-tu commencé à travailler dans le design ?
Josée Lepage : A 16 ans, mon premier petit boulot était dans une boutique de meubles. Je m’amusais à faire les displays, I loved it !!! A mon arrivée à New York en 1991, j’ai fait du design de chaussures, j’ai alors compris à quel point j’aimais le design! Mais la mode n’était pas mon truc, je me suis dirigée vers le design de meuble et d’objet.
B : Que fais-tu en ce moment ? Quels sont tes projets à venir ?
JL : il y a 2 semaines, j’étais à San Francisco pour l’exposition au SF MoMA sur mon ami Tobias Wong, décédé en mai dernier. C’était un bel hommage.
Sinon, avec mon collègue, Aric Chen, nous préparons la seconde édition de «As long as it lasts», une exposition autour du tatouage. On a invité des artistes designers, architectes ou graphistes à dessiner des tatous. Dans la galerie, nous les vendons et les visiteurs peuvent se faire tatouer sur place. C’est formidable ! Les gens peuvent s’acheter une œuvre d’art au prix d’un tatouage, l’ultime lien entre un collectionneur et un artiste. Je collabore avec la galerie pour trouver les artistes (Lawrence Weiner, Andrew Zuckerman, Bless, etc.) Nous avons de la chance car tous les artistes sont reconnus et très en vogue actuellement. L’œuvre d’art prend toute sa forme au moment où les visiteurs se font tatouer sur place. On pense aussi créer des tatous temporaires. La dernière fois au Art Basel à Miami Beach, les 5.5 designers avaient proposé un tatou temporaire appelé «I regret». Ca avait très bien fonctionné et les gens les avaient collés partout, même par-dessus leurs propres tatous. C’était génial !
Plus tard, on voudrait faire un livre avec tous les tatouages. Les personnes, qui ne souhaitent pas se faire tatouer car c’est un engagement personnel et intime, pourront acheter un livre d’art.
B : Tu as évolué dans le design en passant par plusieurs postes, que préfères-tu ?
JL : J’ai commencé dans la vente d’objets et de meubles design. Au début c’était extrêmement excitant, mais aujourd’hui, je préfère m’occuper de la sélection d’objets et de la mise en scène. J’adore monter des expositions car il y a une réelle interaction et collaboration avec les autres. On créé des connexions entre les gens et les objets.
Je mène souvent plusieurs projets en même temps, que ce soit des projets web ou du design de produits pour des marques, mais au final je préfère être conservatrice ou directrice artistique car je suis amenée à faire du Branding, ce qui est très excitant !
B : Comment construis-tu la communication autour d’une exposition ?
JL : Par exemple, l’exposition «From Québec» a été initiée par la délégation du Québec. Elle souhaitait réunir les nouveaux tops designers de Québec dans la mode, les objets d’arts, l’ameublement et la technologie. Un tel projet implique plusieurs acteurs comme la délégation, une agence de communication, un directeur artistique, un espace, etc. En tant que directrice artistique, j’associe des idées avec des images qui me viennent presque immédiatement. Mais la formule du Branding reste simple, c’est-à -dire trouver un nom, un graphisme, un site web, contacter la presse, utiliser Twitter, Facebook, etc. Pour le Québec, je me souviens que je ne voulais surtout pas de rouge, trop canadien ! J’ai alors plutôt choisi un rouge orangé très vif et de grosses lettres. La délégation a adoré.
Par ailleurs, le copywrite est un aspect passionnant. Ca m’intéresse énormément, c’est de la pure création autour d’un concept, une idée, un projet. J’adore inventer des noms, des slogans, qui sonnent comme une évidence pour les expositions que j’organise.




No comments